Gabriel Grinou, qui es-tu ?

Cette fois, c’est au tour de Gabriel Grinou de se prêter au jeu de l’interview. Zoom sur sa carrière, ses goûts, ses méthodes… 

Qu’est-ce que le vin représente pour toi : 

Le vin c’est toute notre vie (mon frère et moi), c’est un mode d’expression, un engagement pour notre communauté locale, c’est beaucoup de travail.

Quel est ton parcours, celui de ton frère ?

J’ai fait un Master en marketing et suis parti travailler à l’étranger, en Angleterre dans l’épicerie fine, puis en France, toujours dans l’épicerie fine, pendant 2 ans. Mon frère est resté au domaine et y travaille depuis une dizaine d’années. Ça fait 2 ans que je l’ai rejoint et que nous travaillons ensemble au domaine. C’est un domaine familial.

Tu as travaillé dans l’épicerie fine, tu as donc un goût prononcé pour la gastronomie ?

Oui évidemment ! j’adore bouffer ! Dans notre travail on essaye de faire des vins différents pouvant se marier avec différents plats.

Vous pensez à l’accord met/vin quand vous vinifiez ?

Non, on ne va pas jusqu’à là, c’est très compliqué de prédire où le vin va aller, mais on essaye de conserver des styles par des vinifications précises, des dates de récolte précise. Le but est avant tout de faire un bon vin, au cuisinier de s’adapter !

Tu fais partie des « botanistes » de ce métier en utilisant de cépages résistants aux maladies, quelle est ta sensibilité par rapport à ça ?

Nous sommes seulement 5 vignerons à utiliser des cépages résistants. Ces vignes résistent aux maladies courantes de la vigne (oidium, mildiou). L’idée globale est de se dire qu’on arrive à un stade ou on conditionne trop la vigne, on ne la laisse pas vivre. On peut pas continuer de travailler avec des plantes qui vivent sous perfusion ! Le bu est de laisser un maximum de liberté à la vigne, c’est une liane, elle doit donc pousser. Tout le monde cherche à contrôler la plante… alors qu’il faut la laisser s’autoréguler. La taille peut avoir un effet sur la floraison de l’année suivante, alors qu’on ne peut pas prédire un millésime… il faut donc laisser la plante s’adapter ! 

Mais du coup, n’y a-t-il pas une conséquence sur la qualité des raisins ?

Pas du tout, au contraire, on a même des raisins plus concentrés, les grappes poussent comme elles doivent pousser au naturelle : petites avec des petits raisins, mais en quantité. Personne ne questionne la vigne au sens végétale, mais qui peut prédire le temps qu’il fera des mois à l’avance ?! Après, des cépages sont plus résistants aux maladies que d’autres, par exemple le merlot est très sensible, tandis que le sémillon est plus résistant

Bon, ton plats et accord préféré ?

Fromage et vin bien sûr ! Après je suis du Sud-Ouest, et pas végan ! donc le canard, le foie gras et le bon rouge qui va avec j’adore !